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  • Antoine Vagnon

3 raisons pour lesquelles les grandes surfaces tuent nos centres-villes

Mis à jour : 24 sept 2019


Aujourd’hui, nous allons parler des centres-villes que nous connaissions si animés par le passé et qui maintenant se vident de leurs populations. Ils laissent des places de plus en plus désertes, des magasins fermés et un délabrement général de son espace public. Ces situations se reproduisent malheureusement souvent et la presse sait nous le rappeler comme le montrent ces titres de journaux récents :

“Centres-villes : un sentiment de déclin qui se renforce chez les clients” (Fashion Network du 27 juin 2019)

“Des commerçants inquiets pour l'avenir du centre-ville d'Aurillac : « La fréquentation que nous avons, c’est dingue »” (La montagne du 1er Mai 2019)

“Comment on a tué les centre-villes de ces villes moyennes où une majorité de Français voudraient pourtant vivre” (Atlantico du 16 février 2019)


Face à ce constat, nous voyons pourtant régulièrement des centres commerciaux qui germent un peu partout. Mais alors nous pouvons nous demander : Ont ils un rôle dans cette situation ? Ont ils un avenir ? Et retrouvera t on un jour ces centres-villes que nous connaissions autrefois. C’est à travers 3 points que nous allons tenter de répondre à ces questions.


Le développement des surfaces commerciales s’emballe

En 2018, la France comptait déjà 2 000 hypermarchés et 10 000 supermarchés. Cela représente une progression de 500 hypermarchés et 5 000 supermarchés par rapport à 2008 sans compter les centres commerciaux (16 millions de m²). La crise de 2008, pourtant économiquement difficile, a renforcé le besoin des grandes surfaces de surenchérir sur les surfaces de leurs concurrents aggravant donc encore cette tendance.

En effet, cette croissance sans limite est poussée notamment par un phénomène de mise en concurrence incontrôlée des grandes surfaces. Nous avons par le passé supprimé les freins à l’installation pour faciliter l'installation de ces temples de la consommation mais cela provoque aujourd'hui une guerre des prix non réglementée.

Malheureusement, aujourd’hui, ce développement impacte de diverses manières nos territoires. Il force tout d’abord, des entreprises (Agriculteurs, PME) fournissant les grandes surfaces à entrer dans la compétition au détriment de leur santé économique. Ainsi, les plus fragiles d’entres elles ne peuvent réduire le prix d’avantage et se retrouvent donc contraintes de fermer.

En parallèle, les paysages autrefois végétalisés ou cultivés laissent maintenant place à des infrastructures toujours plus grandes qui coupent la vue par leurs hauteurs.

Poussé historiquement par un rêve de grandeur et d’accès à tous types de produits, les populations désertent donc progressivement les centres-villes pour aller en périphérie. Afin de lutter, les petits commerces s’installent dans les centres commerciaux et se retrouvent ainsi malmenés économiquement.


Rien n’arrête le développement des surfaces commerciales


Depuis 70 ans le paysage économique a énormément changé et place maintenant la grande distribution en première position. Ce changement réalisé dans l’euphorie de la consommation de masse ne s’est pas fait sans douleurs au regard de son impact sur les producteurs et les centres-villes. Malgré l’ampleur non négligeable de la situation il est troublant de noter qu’il y a un véritable omerta sur le sujet. Que ce soit dans la classe économique ou politique, ils minimisent constamment le problème. Par ailleurs, il est frappant de voir que très peu d’articles universitaires ont été rédigés pour évaluer l’impact de la grande distribution sur les territoires.

En effet, la grande distribution représente un lobby tel, qu’elle est capable de faire du chantage aux élus locaux en promettant de s’installer sur la commune voisine. Elle se permet également de diaboliser le E-Commerce pour suggérer une mobilisation commune des petits commerçant et grandes surfaces.

Et pourtant l’envie des consommateurs de revenir vers de la consommation locale amène à penser qu’un changement est en cours. En réalité, la grande distribution n'est pas si rentable que l'on pourrait le penser et se doit d'optimiser son fonctionnement en absorbant les autres surfaces et en en créant de nouvelles plus importantes jusqu’à atteindre une masse critique.


Il n’y aura pas de meilleur avenir si rien est fait


Aujourd’hui, la machine de la grande distribution est en route et ne cessera pas facilement d’impacter les producteurs et les centres-villes. Alors que pouvons nous faire ? Tout d’abord, l’idée d’aller voir ces organisations et de leur demander de réduire leur activité pour éviter de capter la clientèle de centre-ville n’aura pas d’effet. Dans le même registre, la mobilisation des consommateurs est longue et leurs envies changeantes ce qui ne laisse pas beaucoup d’opportunités pour réaliser rapidement de véritables changements. Aujourd’hui, seule l’implication suractive de la classe politique et des citoyens engagés pourront renverser la vapeur et trouver les solutions nécessaires à la redynamisation des centre-villes.

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