Rechercher

Quel est l’enjeu de la mobilité pour les prochaines élections municipales ?



La mobilité : un enjeu au croisement d’une crise sociale et environnementale de plus en plus présente dans le débat politique


Chaque jour, la mobilité est de plus en plus au centre des débats et les prochaines élections ne feront pas l'impasse sur cette question. On constate en effet que les déplacements de la population sont au croisement de 2 crises majeures : une crise sociale et une crise environnementale.


Social : Coût des transports : crise des gilets jaunes


Encore récemment, la crise des gilets jaunes a démontré que les transports étaient au centre des préoccupations d’une population qui se paupérise de plus en plus. On constate par ailleurs, de par les prévisions de l'Ademe, que ce coût de l'énergie et donc des transports rendra de plus en plus vulnérable la population.

Si la vision de la mobilité en France a été imaginée dans un contexte d'abondance énergétique où le carburant coûtait peu cher, ce n’est plus le cas et il est important aujourd’hui de se reposer la question du modèle que nous souhaitons construire demain.


Environnemental : Impact des transports dans le bilan climatique


Le 2e enjeu très sensible et qui touche l'ensemble de la population, quel que soit le parti politique est l'impact du changement climatique. On sait aujourd’hui que les transports représentent une part majeure d’émissions de gaz à effet de serre que produit le territoire français. Cet enjeu mondial rassemblant des milliers de Français et faisant l'objet régulièrement de manifestations pour le climat, nous assure que la question des transports sera à nouveau traitée lors des prochaines élections.

Ces 2 crises sociales font régulièrement l’objet de revendications de la part de la population. Il est intéressant de voir que ces deux combats portés par la population ont de nombreux points communs et vont jusqu’à s'entremêler lorsque les gilets jaunes et les manifestants pour le climat marchent d’un seul homme.

Parce que la pensée doit être globale mais l'action locale, et au regard de l'inaction des états face à ces 2 enjeux majeurs, les villes et les intercommunalités jouent un rôle essentiel. Nous constatons par conséquent que la problématique des transports amène les collectivités à devoir relever plusieurs défis relatifs à leurs compétences.


Les défis locaux à résoudre


Défi 1 : L'urbanisme - Étalement urbain et mise en périphérie des services publics


L'étalement urbain qui a sévi ces dernières années pour répondre un rêve pavillonnaire soutenu par l'état a eu de nombreuses conséquences. On observe notamment une artificialisation incontrôlée des sols fortement dommageable pour les espaces naturels et créant d'importantes concurrences d'usage sur les territoires. Mais on note aussi qu'elle facilite l'évasion des activités et des populations vers la périphérie.


Défi 2 : La mobilité - Développement d’infrastructures de transports lourdes pensées à une ère de l’automobile


En parallèle de cet étalement urbain, on a pu observer un développement de l'automobile. La multiplication des véhicules motorisés miroir d'un statut social a en effet été recherchée par la population pour se déplacer plus facilement au rêve du pavillon et à l'abondance des centres commerciaux. Malheureusement, cela a engendré des infrastructures lourdes, coûteuses et fortement dommageables pour l'environnement.


Défi 3 : social - Conflit social entre centre et périphérie


Il existe également un défi social qui oppose non seulement les classes sociales, mais aussi les populations situées dans les centralités et les populations situées en périphérie. Et pourtant, si l'on souhaite préserver les centres on ne doit pas empêcher les personnes en périphérie d'y venir facilement. En ce sens, il est important de laisser sa place à la voiture dans les centres-ville pour faire venir des consommateurs en ville, mais il ne faut pas non plus laisser toute la place à l'automobile.

Selon nous, les réponses à ces défis passent par la réappropriation des centres-villes. De nombreuses villes se sont engagées dans cette démarche et ont répondu en partie aux 2 grandes crises à la fois sociale et environnementale.


Des villes se sont engagées dans des centres-villes apaisés et reconnaissent cette réussite. Des pistes vers de nouveaux horizons


Diversifiez les transports pour faciliter la relation entre la périphérie et le centre


Si par le passé les politiques ont favorisé le déplacement des populations du centre vers l'extérieur il est important aujourd'hui de recréer un schéma de mobilité de l'extérieur vers l'intérieur. Pour ce faire, mais aussi pour répondre aux nouvelles pratiques de mobilité de la population il est important de déployer des infrastructures permettant de maximiser les déplacements en centre-ville. Pour ce faire, les collectivités doivent favoriser le plus possible les solutions au croisement entre la mobilité douce et l'économie de la fonctionnalité (primeur de l'usage sur la propriété). En adoptant cette démarche, les collectivités fluidifient les déplacements en centre-ville sans nécessiter de grosses infrastructures coûteuses. La nécessaire multiplication des modes de transport amène cependant à assurer la viabilité de cette infrastructure multimodale. Cela est d'autant plus important que les modes de transports adaptés à la périphérie et ceux adaptés au centre-ville doivent être parfaitement synchronisés.


A la recherche d’un centre-ville apaisé et dynamique


Si ces conditions de mobilité sont bien respectées, que la population peut facilement venir en centre-ville et y circuler alors il est possible de faire venir la population dans un centre-ville apaisé. Cependant, celui-ci doit représenter un intérêt suffisant pour faire venir les consommateurs de la périphérie dans le centre. Parmi les facteurs à prendre en considération il faut donc animer le centre-ville et revaloriser l’espace public. Aujourd’hui, beaucoup de ville ont transformé l’espace public en lieu de passage de la voiture où le lien social n’est plus et où la surprise de la découverte n’est pas. En ce sens, il faut travailler sur l’éveil de la curiosité, le sentiment de bien vivre et de confort de la population qui circule en centre-ville.


Digitaliser les centres pour optimiser les fonctionnalités et générer de la visibilité


En considérant que beaucoup d'activités se sont développées en périphérie, afin de s'appuyer sur les flux de population qui circulent sur le territoire, nous devons repenser cette vision dans une ère digitale. En effet, les flux aujourd’hui sont de moins en moins physiques et de plus en plus digitaux. Les centres-villes doivent donc prendre en compte cette tendance, s’outiller pour se rendre visibles et apporter de nouveaux services. La place des commerces joue un rôle essentiel dans cette démarche et c’est pourquoi les élus doivent s’interroger sur leurs capacités à capter une clientèle digital native et à délivrer un service ou un produit par canaux digitaux.


Des services publics et activités compatibles avec un espace apaisé à nouveaux centralisés


Enfin, on note que dans une logique de dynamisation du centre-ville il est nécessaire que les collectivités territoriales centralisent les services publics et autres activités compatible avec un espace apaisé. Il est donc important en parallèle qu’elles s’interrogent sur la répartition des offres commerciales entre centralité et périphérie. Il faut donc différencier les activités compatibles avec un centre-ville apaisé et celles qui sont plus propice à la périphérie.


#Mobilité #Commerce #actioncoeurdeville #centreville #innovation #territoire


Si cet article vous a plu, nos autres publications vous intéresseront aussi


A Propos d'A Votre Avis :

AVA est une agence de marketing territorial qui propose aux collectivités de redynamiser les centres-villes en adaptant les commerces aux nouvelles habitudes de vie et de consommation des populations. Pour en savoir plus cliquez ici.

0 vue
  • Twitter - Black Circle
  • Black Facebook Icon
  • Black LinkedIn Icon